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Je sens qu’ici la maman freelance va finir à la sauce Martine. La maman freelance va à l’école, la maman freelance fait la cuisine, la maman freelance fait du ski… Aujourd’hui, c’est l’épisode "la maman freelance retrouve sa copine de lycée". Initialement, ce devait être "regardez comment Miette mange ses épinards" (oui, oui, j’ai pris une photo
) mais hier, en sortant du parc près de chez moi, je suis tombée nez à nez avec ma copine de lycée.
Oh, pas celle avec laquelle j’ai fait les 400 coups ni essayé tous les styles vestimentaires de la terre, celle que je respectais plus tout car elle n’était pas aussi "légère", "mesquine", "portée sur les mecs", "obsédée par la mode", etc… que les autres. Elle avait un truc que je chérissais par-dessus tout: c’était un esprit libre.
Et je suis rentrée dedans comme au détour d’un couloir au bahut, éructant un gros salut tonitruant de lundi matin, prête à discuter à bâtons rompus comme au bon vieux temps…
sauf qu’on n’était plus au bon vieux temps mais au printemps d’une nouvelle vie, une vie de maman au présent. Un mouflet d’un côté. Un, deux et trois de l’autre. Ca avait l’air de lui faire beaucoup.
- Tu as eu tout ça ?
- Euh… oui. Mais si tu les mets en rang et qu’ils ne bougent pas, tu verras qu’il n’y en a que 3.
- Ah, ah, tu es toujours aussi drôle. Qu’est-ce que tu deviens donc ? Tu dois être maman à plein temps avec autant d’enfants…
- Euh… non. Je travaille également en freelance. J’écris pour des magazines et des sites internet.
- Et tu t’en sors ?
- Euh… ça va. Jj’habite le quartier. Comme toi, non ? On va pouvoir se revoir. C’est à toi ce petit bonhomme dans la poussette ? (moi aussi j’ai des questions débiles dans mon répertoire)
- Oui, je te présente biiiiiiiip. Il a biiiiip mois, il est grand, il mesurait biiiiiip à la naissance et pesait biiiiiiiip et puis biiiiip et encore biiiiip parce que biiiiiip et enfin biiiiiiip, tu comprends ?
- Oui, oui, j’en ai 3. Ca s’est passé à peu près de la même manière.
- Ah bon ? On va venir de plus en plus souvent au parc donc on se reverra sûrement. Rappelle-moi ton prénom que je note ton numéro…
- … (appelle moi Solitude à cet instant de la conversation)
… et on trouvera bien un moment. De toute façon, comme tu ne travailles pas, tu dois être toujours dispo.
Et là, je me suis dit "Crotte ! Même elle s’y met !"
Alors, j’ai abrégé pour rentrer car rien dans notre conversation sur la vie, la maternité, le boulot ne me rappelait ce que j’aimais tant en elle. Et sur la route, je me suis dit que, même si elle n’avait pas changé d’un poil physiquement, son bel esprit libre avait dû disparaître avec les ans. Ou la maternité.
Elle aussi s’était chopée une grosse "standardinite" en devenant mère.
Ca me fait bizarre quand je croise des copains ou des copines de lycée ou de collège : bonjour le coup de vieux !
Et c’est encore pire quand je vois leur nom dans la rubrique nécrologique du journal, là ça fait mal…
Tu as raison, il y a plus grave que de se retrouver et se découvrir légèrement incompatibles avec le temps.
C’est pour cela que je fuis comme la peste les réunions d’anciens : nos sujets de conversation de l’époque ne sont plus d’actualité et la probabilité de se retrouver sur d’autres sujets est tellement faible alors que celle d’être déçue est si grande …
Je dois être la seule andouille à croire qu’on ne change pas (pas trop)
Moi je suis très cynique …
Comme moi je suis la seule andouille à essayer de revoir tous les gens que j’ai connu et qui n’ont pas spécialement envie de me voir… Je n’oublie jamais personne, je suis toujours curieuse mais je suis bien la seule.
Eh bien comme d’hab, ça m’inspire (tu me connais).
Ce qui m’amuse, c’est de me découvrir des affinités soudaines avec des mamans que je trouvais autrefois imbuvables au lycée.
Le coup de l’esprit libre qui se range, j’en ai vu évolué aussi… C’est marrant. Je préviendrai mes enfants de ne pas trop jalouser/envier/copier ces fameux esprits libres qui les fascineront à l’école/au lycée, en leur disant que ça ne veut rien dire pour l’avenir. (comment ça je vais tuer tous leurs rêves direct ?)
Ils ne te croiront pas
Enfin, moi, j’ai été prévenue et… je ne l’ai pas cru à l’époque quand ma petite grand-mère me disait "tu verras, une fois que vous serez mariées, tes amies et toi, blablablabla…."
c’est sûr, ça fera discours de vieux radoteurs qui ne comprennent rien à leurs problèmes, ils me croiront pas ! (marrant comme on finit par se retrouver dans la peau de nos parents alors qu’on jurait que ça serait pas le cas
)
Toi aussi tu avais juré ?
" Comme tu ne travailles pas je peux passer/t’appeller", " Madame freelance, c’est l’école, le petit est malade, et comme vous ne travaillez pas…" La nounou: " mon grand a cours de théâtre jeudi et ça m’embête de le faire rater, est ce que vous pourriez garder la Chouquette, vu que vous ne tr… ben quoi?"
On connaît les mêmes

D’ailleurs, là, parlant freelance, je ne me sens pas du tout en vacances. Les autres, ceux qui travaillent "pour de vrai" se font dorer les doigts de pieds en ce moment. Perso, j’ai la même vie que d’habitude: boulot, boulot, boulot… mais c’est pour de faux, hein ?
Merci d’être passée !